La France, nouvel acteur mondial de la bioéconomie ?

Communiqué de presse

TOULOUSE, le

15 Février 2017

La France, nouvel acteur mondial de la bioéconomie ?

La bioéconomie made in France ou comment passer de la recherche à la valorisation

L’annonce de ce plan est une excellente nouvelle pour le secteur de la bioéconomie. Il marque une véritable prise de conscience du Gouvernement qui place désormais la bioéconomie parmi les plus forts leviers de croissance de notre pays. Et ce, d’autant plus que la France dispose de nombreux atouts qui devraient lui permettre de prendre une place de leader mondial dans ce secteur.

Cependant, des éléments clés manquent dans ce rapport, au premier rang desquels la question de la valorisation de la recherche en France et celle des débouchés industriels. Ces points sont peu présents dans la stratégie rendue et pourtant indissociables d’un plan durable et économiquement performant.

Le document stratégique met en avant la nécessité impérieuse d’économiser les ressources fossiles en favorisant  l’utilisation du carbone renouvelable. Cette volonté de définir enfin un véritable plan français pour la bioéconomie arrive dans un contexte européen qui mise fortement dans ce domaine. Alors même que la Grande-Bretagne et l’Allemagne se sont déjà positionnées sur ce sujet en s’orientant davantage sur la biologie synthétique, la France déploie quant à elle une stratégie en cohérence avec ses atouts : l’importance des ressources agricoles sur notre territoire et l’excellence de la recherche dans ce domaine favorisent largement le développement de l’usage du carbone renouvelable. Avec à la clé des enjeux forts : de l’innovation et de la création d’emplois.

Or le rapport du gouvernement insiste trop peu sur la valorisation de la Recherche, c’est-à-dire sur la capacité en France à développer des projets de recherche, débouchant sur des applications concrètes. Une des failles de la recherche en France est précisément celle de la valorisation. Il est essentiel de développer une recherche qui se traduit non seulement par des publications de bon niveau mais également par  des produits tangibles. La volonté doit être de créer de la valeur en valorisant davantage les résultats issus de la Recherche.

Une bioéconomie appliquée à l'agriculture : c’est bien, mais pas suffisant !

Concrètement, au niveau de l’agriculture, l’un des principaux enjeux est de développer les travaux de recherche sur le biocontrôle afin de diminuer les intrants chimiques au profit de bio-stimulants et de bio-pesticides. Ces recherches sont en cours mais doivent être accélérées pour permettre à la France de disposer d’un véritable avantage concurrentiel au niveau mondial.

Autant le rapport du Gouvernement met largement l’accent sur l’excellence française en matière agricole, autant la composante industrielle de la bioéconomie reste absente du rapport. Or il faut impérativement augmenter les collaborations avec l’industrie chimique. Par exemple, rien n’est précisé sur les bioplastiques - composante importante dans l’industrie chimique ou dans le développement des nouveaux polymères biosourcés pour les industriels. En France, n'oublions pas qu’un large pan de l’activité économique est aussi tourné vers le monde industriel. Il est donc indispensable de favoriser les synergies.

Un dernier point manque à mon sens : la question de l’éthique. Aucune place n’est faite à cette réflexion alors que le rapport insiste fortement sur les enjeux environnementaux. Prenons le cas des OGM. La question environnementale a été au cœur de la réflexion sur les OGM mais celle de l’éthique n’a pas été suffisamment abordée, ce qui a conduit à un rejet des OGM de la part de l’opinion publique. La recherche ne doit pas s’affranchir d’une réflexion éthique car elle permet de se poser les bonnes questions avant même le développement d’un produit ou d’un procédé. D’où l’importance, à mon sens, d’intégrer philosophes et sociologues dans les travaux de recherche dans ce domaine. 

Nous disposons en France de tous les atouts pour réussir notre transition vers la bioéconomie en soutenant le développement des produits bio-sourcés. La France est riche  en matières premières grâce à l’importance de l’agriculture et de la forêt, et également en “bonne science” et en “bonne industrie”. Il lui appartient de savoir bien les utiliser pour jouer un rôle fort dans ce jeu européen pour la bioéconomie.

A ce niveau, l’élaboration du plan d’action qui déclinera la stratégie proposée sera déterminante : elle devra associer tous les acteurs de la chaîne de valeur, du laboratoire à l’industrie.

 

A Propos de Toulouse White Biotechnology

Toulouse White Biotechnology (TWB) est un démonstrateur pré-industriel dont l’objectif est d'accélérer le développement des biotechnologies industrielles en facilitant les échanges entre la recherche publique et l'industrie. Il a pour vocation de contribuer à l’essor d’une bio-économie fondée sur l'utilisation du carbone renouvelable dans divers domaines (chimie-biochimie, matériaux, énergie…). Différents types de projets collaboratifs de recherche et développement sont proposés ainsi que des prestations de service personnalisées pour les entreprises.

Lauréat en mars 2011 de l’appel à projets des Investissements d’Avenir, TWB bénéficie d’une aide d’Etat gérée par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR). TWB est une Unité Mixte de Service (UMS) gérée par l’INRA, sous la triple tutelle INRA/INSA/CNRS.

La signature de 19 M€ de contrats à fin 2015, après trois ans de pleine activité, conforte la pertinence du positionnement de TWB et de son rôle à l’interface du transfert public/privé.

Plus d’informations: http://www.toulouse-white-biotechnology.com/ - Suivez les dernières news de TWB sur Twitter :  @TWB_Biotech

 

About TWB:

Toulouse White Biotechnology (TWB) is a preindustrial demonstrator whose goal is to speed up the development of industrial biotechnologies by facilitating exchanges between public research and industry. Its vocation is to contribute to the expansion of a bioeconomy based on the use of renewable carbon in various fields (chemistry-biochemistry, materials, energy, etc.). Various kinds of collaborative research and development projects are proposed, as well as personalized services for businesses.

In March 2011, TWB was awarded the call for project for the Investments for the Future Program (PIA – Programme Investissements d’Avenir). It receives State aid through the ANR (Agence Nationale de la Recherche - National Research Agency). TWB is a UMS (Unité Mixte de Service – Mixed Service Unit) managed by INRA under triple INRA/INSA/CNRS tutelage.

The €19 million Euros of industrial contracts signed in four years of activity reinforces the relevance of TWBs operation and its leading role as an interface in public/private transfers.

More about TWB: www.toulouse-white-biotechnology.com/